
Psyco
"There Must Be A Revolution Somewhere"
(Mind)
Liam Farrell, alias
Doctor L est un dur à suivre. Entre ses albums et ses singles proposant toujours des tracks à foison, il a réussi à perdre le public qui essayait de suivre son oeuvre depuis ses débuts avec
Assassin ou sur
Radio Nova avec
Loïk Dury. En effet entre 1998 et 2003 il sort pas moins de 7 albums, à chaque fois de plus en plus indispensables: "Exploring The Inside World" en 1998, le "Black Voices" de
Tony Allen en 1998, "Mountains Will Never Surrender" et "Temple On Every Street" en 2000, le premier "Psyco On Da Bus" en 2001 avec
Tony Allen,
Jean-Phi Dary,
Jeff Kellner et
Cesar Anot, "Monkey Dizzyness" en 2003 puis "Unlimited Land" au sein des
Kactus Hunters (avec
Niktus de F.F.F.). Ceci sans parler des remixes, productions anonymes pour le hip hop français (faut bien bouffer), des singles comme "Life Of Fortune & Fame" (6 titres, 1998), "Navigator" (7 titres, 1998), "The Give Away Box" (8 tracks, 2000), "Let Me Out" (4 tracks, 2002), ou de nouvelles productions pour
Tony Allen (2 tracks sur "Homecooking" en 2002)... Vous l'aurez compris:
Doctor L est un insatiable. Il cherche. Il cherche à aller au-delà du hip et de l'électro, il cherche à faire progresser l'afrobeat, il cherche où il va pouvoir encore chercher. Et c'est tant mieux pour nous. Un concert prestigieux à
Montreux, une première partie de
Medeski, Martin & Wood... un nouveau public se crée enfin autour de la vibe
Doctor L. "Tu le connais cet album?" "Non mais je l'ai vu en concert c'était bien mortel". La rumeur se propage comme une trainée de poudre parmi les aficonados du groove, du jazz, des musiques de le monde qu'on entend pas à la radio, les jeunes comme les moins jeunes. Le
S.O.M.M.I.E.R. (le syndicat des observateurs méthodiques des musiques indépendantes essentiellement roots) se déplace jusqu'à chez lui pour le rencontrer et essayer de lui proposer une communication digne de son oeuvre, à l'aide d'Internet, mais il préfère se débrouiller seul avec son site web, ses pochettes et tout ce qu'il y a dedans. Il crée un nouveau label,
Mind Records, pour ne vraiment plus dépendre de personne, et sort simultanément deux nouveaux albums, une compilation du label appelée "Mind", énorme grosse claque chroniquée en "Best of 2005 - compilations", et le deuxième album de
Psyco, avec de nouveaux musiciens.
Liam compose, dirige, produit, il joue toutes les batteries et basses ainsi que quelques claviers et guitares, entouré de
Kilia Nzavotunga (leader du groupe
Ghetto Blaster, aux chant, guitare et percus),
Omar Sosa (piano),
Stéphane Belmondo (trompette, cornet, bugle),
Jérome 'Ji' Dru (flute, choeurs),
Cédric Ricard (sax),
Mat Waki (cythar, claviers),
Dom Farkas (voix), Ayo (voix),
Bruce (rappeur new-yorkais, voix),
Mohamed (Oud),
Roldan & Jose (du groupe hip hop cubain
Orishas, voix et guitare). Le CD est rempli à craquer. Entre afrobeat, jazz trippé du début des années 70, folk psychédélique anglais et hip hop, il est totalement inclassable, repoussant les limites du connu et pourtant très roots. S'agit-il de la bande originale de "Blade Runner In Africa"? Est-ce que j'ai mangé des champignons amazoniens ou c'est juste l'effet de l'album sur mon cortex? Renversant.
©
Mind : Download
Psyco MP3 "Mister President" sur
Mindservice.com ou directement
ici.
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